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25.06.2007

La réforme sur l'autonomie des universités: pas de procès d'intention!

La réforme des universités n'a pas encore été présentée devant le Conseil des Ministres que déjà elle soulève la hire des syndicats étudiants de gauche. Rappelons tout de même deux choses avant de revenir plus en détail sur la réforme proposée par Valérie Pécresse. Premièrement, ce projet de réformes était dans le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy adoubé par 53% des Français. Deuxièmement, les représentants étudiants de gauche dénoncent un projet au nom de tous les étudiants de France alors qu'ils sont élus seulement par 8% des étudiants qui votent. Il va nous falloir donc faire un énorme travail de pédagogie pour que la majorité silencieuse qui sommeille dans les facs prenne conscience du bien fondé de cette réforme et ne se la laisse pas voler par une minorité irresponsable. De surcroît, nous avons les faits et tous les éléments pour ringardiser ces syndicats qui ne vivent que pour eux et en aucun cas pour l'avenir des étudiants.

Car rappelons un certain nombre de faits qui vont à l'encontre du statut-quo que préfére Mr Julliard à la modernisation de nos facs. L'université française, dans tous les classements mondiaux, est à la traîne et n'occupe pas le rang qui devrait être le sien pour un pays comme la France, cinquième puissance mondiale. Sa rénovation est donc une absolue nécessité si l'on veut que nos universités regagnent en compétitivité. En outre, tous les étudiants français rêvent de campus dignes de ce nom avec des bibliothèques ouvertes le dimanche, avec des terrains de sport, des salles de concert, des espaces verts, des logements rénovés...Pourquoi tout ceci est possible en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux US et impossible en France? Enfin, le taux de chômage des jeunes montre que luniversité ne remplit plus sa mission d'insertion professionnelle des jeunes.

Partant de ces quelques constats, le besoin de réformes apparaît relativement évident. Revenons donc en détail sur la réforme des universités. Le projet de loi comprend principalement trois axes de réforme: le statut d'autonomie volontaire, la réforme de la gouvernance des facs et la sélection à la fin du L3 soit au début de la quatrième année. L'autonomie des universités c'est la possibilité pour les présidents d'université de recruter les meilleurs professeurs, de dispenser les formations qui collent le mieux au bassin d'emploi de leur fac, de bénéficier de partenariats public/privé...La gouvernance c'est enfin de permettre aux présidents d'université de devenir de vrais managers dans un Conseil d'Administration à 20 membres plus ouvert aux personnalités extérieures. Enfin, la sélection à la fin du L3 répond à la logique d'harmonisation européenne de nos diplômes, il est bien plus logique de faire la sélection à la fin d'un cycle qu'au milieu comme c'est le cas aujourd'hui avec la sélection à la fin du M1 pour rentrer en M2.

Face à ces propositions, l'antienne trotskyste se déploit allègrement et c'est contre elle qu'il va nous falloir lutter. Que dit l'UNEF? Ce projet de loi va créer une université à deux vitesses, qui va introduire la sélection donc l'inégalité entre les étudiants. Finalement à y réfléchir ce que dénonce l'UNEF c'est la situation actuelle!

L'université à deux vitesses, qui peut dire honnêtement que ce système n'existe pas déjà? Depuis trop longtemps il y un fossé entre les grandes écoles et les universités. Depuis Mai 68 il y a des inégalités entre les facs, qui peut dire que Assas, Dauphine ou le pôle d'économie industrielle de feu Jean-Jacques Laffont à Toulouse valent n'importe quelle autre fac de province? Ces inégalités viennent en partie du fait que ces facs ont été plus volontaristes donc plus autonomes que les autres.

La sélection, n'a t'elle pas lieu mais de façon hypocrite? 100000 étudiants quittent chaque année le système universitaire sans le moindre diplôme donc la sélection a lieu mais de façon cachée ce qui est le pire de tout.

Alors si vous voulez que rien ne change, que nos universités restent à deux vitesses et en piteux état, que la sélection se fasse mais sans jamais le dire, qu'on laisse des étudiants s'inscrire dans des formations sans débouché, alors soyez contre le projet de réforme des universités pour conserver le statut-quo.

Si en revanche vous êtes en faveur de la modernisation de nos facs, mobilisez vous pour défendre ce projet et ne vous laissez pas hypothéquer une partie de votre avenir par une petite minorité non représentative et conduite par une idéologie dépassée.